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Pause café

10/08/2010

Mohamed Rais El Fenni (mar) : “je dois mon succès à ma femme et ma fille”


« l’artiste est le fils de son entourage »...
Catégorie : Pause Café


Fier de son histoire de son pays, Mohamed Rais El Fenni: “je dois mon succès à ma femme et ma fille” par Hasna Eddaaliti

Mohamed Rais El Fenni n’est un nom qui passe inaperçu dans le domaine de l’art plastique. Né en 1950 à Fès, ce plasticien autodidactique s’est installé à Tanger depuis 1962. El Fenni passe son temps entre son atelier et sa galerie.
Ces doigts magiques décryptent les hommes et les femmes de la Médina, et son pinceau trace les ruelles pleines de vie et de joie. Parcours d’un artiste bourré de talent et de passion.


Mohamed Raiss El Fenni est un artiste né dans un entourage artistique, comment cela a pu influencé ses œuvres ?

Il est tout à fait normal d’être influencé par mon environnement familial Fassi, car la vie est une inspiration. Comme on dit « l’artiste est le fils de son entourage » ; mon père et mon oncle était artisans, et c’est ainsi que j’appris, depuis mon jeune âge, les premières leçons et les astuces de ce métier par le biais de mon père. Cela m’a énormément aidé à bien choisir les couleurs, les matières et les tissus.


Vous partagez votre passion entre l’art plastique, le décor et le design. Quel est le point commun entre ces trois branches ?

Le point commun est la conscience artistique que j’ai acquis, ainsi que ma volonté de m’exprimer et de faire savoir mes sentiments à autrui.

La femme est omniprésente dans vos œuvres, comment justifiez vous ceci ?

Il est vrai que la présence de la femme est remarquable, non seulement dans mes œuvres, mais aussi dans mes designs féminins et masculins, ce ci s’explique par le fait que la femme m’inspire beaucoup d’émotions : la fidélité, le sacrifice et la tolérance. Et je ne pouvais avoir cette conscience que grâce à trois femmes qui ont joué un grand rôle dans ma vie : ma femme, ma mère et ma grand-mère. Cependant, la présentation de la femme est vague et symbolique, tout en respectant la femme et son rôle humanitaire.

La vie de Mohamed Rais El Fenni est partagé entre deux périodes : enfance à Fès, et carrière à Tanger, comment ces deux périodes sont-elles vécues et comment ont-elles influencé le parcours d’El Fenni ?

Fès est la capitale culturelle et spirituelle, et Tanger est le portail du Maroc, le mélange de ces deux cultures m’a offert une formation très riche. Ces deux périodes m’ont beaucoup marqué, car j’ai pu décelé la beauté de l’histoire marocaine et musulmane à Fès. A Tanger, j’ai été marqué par ses espaces donnant sur la méditerranée et l’Atlantique. Le mariage entre les deux villes a donné naissance à mes œuvres.

Depuis 1970, Mohammed Raiss El Fenni passe son temps entre la galerie Volubilis et la salle d’exposition à la Kasbah, comment gérez vous votre temps ?

A côté du rôle de ma mère et celui de ma grand-mère, il faut avouer que l’assistance de mon épouse m’a beaucoup aidé, elle est toujours présente à mes côtés pour m’encourager et pousser à créer. C’est elle qui s’occupe du management de la salle de la Kasbah (il était au départ un four traditionnel, je l’ai acheté et réaménagé), ce qui m’a permis de me consacrer à l’art et à la création.

Vous vous concentrez, dans vos œuvres, sur des moments exceptionnels de la vie quotidienne que vous déchiffrer pour leur donnez une nouvelle naissance par vos couleurs vivantes et variées, comment faites vous le choix des couleurs ?

Je ne choisis pas les couleurs, je mène une vie dans mes œuvres et toiles. Mon objectif était, dès le départ, d’exprimer mes émotions et de monter notre culture aux autres, cette culture mixte ; à la fois amazigh, musulmane, arabe, andalouse,
africaine, méditerranéenne….

Vos collections connaissent un succès incontournable en Europe, pensez vous que la culture artistique chez les marocains du monde commence à se faire dévoiler ?

Je dessine pour l’être humain là où qu’il soit, au Maroc et partout dans le monde. Je travaille avec passion et conviction de ce que je fais et je suis très ému que mes œuvres aient fait un succès, cela fait plaisir.

Quelles sont les personnes et les visages les plus présents dans vos œuvres ?

Outre ma mère, mon épouse et ma grand-mère, mes personnages se varient entre Ibn Batouta, Abdelkarim El Kattabi, passant par Micheal Jakson, et arrivant jusqu’à Mahatma Ghandi et bien d’autres….

par Hasna Eddaaliti
http://artszin.com





Mohamed Raïss El Fenni a grandi dans un milieu imprégné de la culture et des traditions marocaines authentiques. Né à Fès en 1950, où il poursuivit ses études, il découvrit en lui très tôt une passion infinie pour l’art abstrait, et participa à plusieurs expositions collectives. Ses œuvres font partie de nombreuses collections en France, en Belgique, en Espagne et aux Etats-Unis.  Artiste autodidacte, peintre, styliste-modéliste, décorateur ; Mohamed Raïss El Fenni est prisonnier de son monde qui chante, lui, la liberté. En effet ses œuvres sont autobiographiques : il est donc enchainé à son espace, à son temps… Cependant, les couleurs, les formes, les corps enlacés qui parsèment ses tableaux et qui semblent versés dans un monde irréel ne sont que la représentation manifeste de sentiments purs, de pensées sincères, et trahissent une âme de rêveur, une spontanéité très originale. Ce n’est pas lui qui choisit de parler de son monde, c’est ce monde marginalisé, aspirant à la liberté qui en fait son porte parole pour s’exprimer à travers lui.



Tragédie de Patera


A Propos du Peintre Mohamed Raiss El Fenni

Cette Ville « qui oscille entre la civilisation méditerranéenne intemporelle et le néant intemporel du Sahara » comme l’écrivait dans ses carnets John Hopkins en 1962, Tanger n’est peut être plus cette exception marocaine qui, porte d’une civilisation haute en couleurs, fascina en leur temps Delacroix et Henri Matisse.

Je me souviens d’une exposition en 2000 au Musée Eugène Delacroix d’une série d’œuvres du photographe Gérard Rondeau qui loin des lieux connus ou touristiques présentait des endroits laissant apparaître alternativement douleur, joie ou sérénité, des portraits d’artistes, d’éditeurs et d’acteurs marocains et  l’émouvant visage de l’écrivain Paul Bowles qui vivait à Tanger tant d’années merveilleuses.

« S’insinuer dans les façons du pays », pour reprendre une expression de Delacroix,  n’est pas le problème de Mohamed Raiss El Fenni, l’actif peintre, modéliste, décorateur et fondateur de la Galerie Volubilis qui depuis plus de dix ans multiplie les expositions animant la Kasbah de ses œuvres multicolores et de celle de ses amis peintres originaires de Fés, de Meknès ou de Casablanca.

Elles n’effraieraient pas cette part du Père que Tahar Ben Jelloun conserve en lui comme tout homme sensé, confronté au modernisme vulgaire et envahissant et qui refuse de se dissoudre dans  ‘ l’amoralisme mou d’un Tanger où règne le  vent, la paresse et l’ingratitude’, du moins cette série très élaborée, bien dessinée et évocatrice de la vieille ville qui est traité comme un vaste décor, où ces femmes vues de dos dans un jardin touffu qui sont tout à la fois femmes plantes et fleurs se confondant.

Né à Fés en 1950, Raiss El Fenni expose depuis 1973 à Tanger, tout en poursuivant  une carrière de décorateur de théâtre puis cinématographique en particulier citons dans ce domaine : Le long métrage ‘Kaed Enssa’  de  Farida Belyazid (1998), le Téléfilm ‘Niya Teghleb’ de Farida Belyazid (2000), le Téléfim ‘Boukma’ de farida Belyazid (2001), le long métrage ‘Juanita de Tanger’ de Farida Belyazid (2004), ‘Maria et Assou’ (2004), ‘Oud El Ward’ ou ‘ la beauté eparpillée’ de Lahcen Zaynoun (2006).

Mais le peintre évolue et comme pris de vertige voit tout se mettre à tourner autour de lui et sa ville située au centre de son tableau encore nette et bien dessinée happée par une mystérieuse force centrifuge s’éclatant en strates colorées pour en donner une image abstraite mais toujours harmonieuse. En y regardant de plus près on sent que l’artiste après avoir fait en soi le vide, condition première à l’acte de peindre, laisse son esprit divaguer sur l’espace, un espace qu’il cherche à réinventer. Un espace « devenu actif, fleurissant, mûrissant, s’évanouissant », comme l’écrivait André Masson dans son plaisir de peindre, un espace agissant où les corps, ici les maisons, ne seraient que des trajectoires dans un premier temps. Ce mouvement nous fait rêver d’aventures.

Parti d’un centre où se presse un aggloméra de maison, là où l’artiste a organisé la scène principale, l’œil va suivre ces trajectoires lorsque tout se met à tourner parmi ces champs affranchis de centre enfin multipliés dans une incessante création.

Espace pourvu d’énergie, à hauteur de la vie, à l’échelle du vertige. N’a-t-on pas dit que « quand la perception devient vision, l’espace fait la roue » ? , c’est le vœux de Raiss el Fenni qui suit avec enthousiasme la transformation de sa ville voulu par le Wali Mohammed Hassad, qui rénove, embellit, crée  dans un tourbillon de gigantesques travaux qui fera de Tanger un fleuron de la villégiature en Méditerranée.

C’est ce qu’écrivait bien Tahar Ben Jelloun «  farouche et brillante, jadis rebelle, la ville parie sur le sérieux et la féerie pour être la vitrine du monde, l’espace où la planète se ramasse comme un bouquet de fleurs et de différences ».
 Je ne serai pas étonné d’apprendre que l’œuvre de Raiss El Fenni retrouve un équilibre serein lorsque la ville aura acquit son nouveau visage et que la roue s’arrêtant de tourner  fera redescendre palis et maison au centre de la toile.
 

Daniel COUTURIER
Critique d’art 


   


Les Fantômes de Tanger

Dans cette exposition parfaitement intitulée, l’artiste tangérois Mohamed Raiss El Fenni présente jusqu’à la mi-février à la galerie Volubilis une magnifique exposition de 125 peintures sur photos de la ville blanche. Avec la technique mixte de ces étonnantes évocations de certains lieux les plus connus et aimés de la ville, El Fenni explore l’essence même de Tanger : Le petit Socco, le Café Haffa, les toits et terasses cubiques de la Kasbah, les tombes Phéniciennes et les murailles couleur miel pâle de la médina. Ce qui rend sa vision unique est le fait qu’il a utilisé les photographies comme caneva, en remplissant les espaces vides de la ville avec d’aveuglantes silhouettes de fantômes blanc. Des hommes sans visage en djellaba peuplent les cafés du petit socco, des acrobates défient la pesanteur sur l’immense plage de la ville, des femmes et des enfants envahissent les terrasses. El Fenni remplit le vide des places et des rues de Tanger d’une horde de fantômes en transformant la plus banale des vues en photos du plan astral, en dotant son travail individuel d’un caractère spirituel personnel, certaines irradiant de bonheur, d’autres implosant de douleur, toutes hantées et envoûtantes.

Célébre artiste abstrait, couturier et décorateur de théâtre, Mohamed Raiss El Fenni est né à Fés, mais vit à Tanger depuis 1965. Dans la première exposition, il unit la sensibilité inhérente à un décorateur de théâtre de talent au « Théâtre de la vie des rues » avec une créativité surréaliste digne de l’inimitable Salvador Dali.

Au moment où, inondée d’images banales de la ville blanche durant la malheureuse campagne en vue de sa nomination à ville de l’Exposition Internationale 2012 et où le public pourrait bien souffrir d’une « Tangérité » aigue, cette exposition d’une beauté envoutante ravive notre histoire d’amour avec « la porte entre deux mondes »
 

Andrew Clandermond & Dr. Terence MacCarty,
Critiques d’Art
Traduction de Madelaine Carbonnier  






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site de l'artiste : http://volubilisartgallery.com
contact : gallery@menara.ma
















 

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